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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 06:50

JH: Est-ce que vous allez présenter votre liste au congrès pr accéder au Premier Secrétariat du Parti?
Driss Lachgar: Par respect pour le principe d'égalité, il faut rappeler qu'on ne pourra être congressiste - qu'il s'agisse de moi, de Fathallah, de Radi ou autre - que le jour du congrès. Ceux qui y seront élus congressistes ont eux aussi, le droit d'être candidats au poste de Premier Secrétaire. C'est leur droit. Quant à moi, je n'ai encore rien décidé.

JH:Abdelwaher Radi et Oualalou ont déjà déclaré leur candidature et commencent à mobiliser au sein du Parti...
DL: Je ne suis absolument pas d'accord avec ce style.

JH: Pourquoi?
DL:Parce que jusqu'à présent, aucune structure partisane ne l'a décidé. Certains commencent leur campagne dès maintenant, alors que d'autres ne seront congressistes qu'une semaine avanrt le congrès.
Ceux qui se précipitent (Al Mouharwiloune) pour les postes, veulent appliquer une loi qui n'a pas encore été publiée. Vous avez déjà vu une loi qu'on applique sans qu'elle ne soit préalablement publiée?
Nous, à l'USFP, avons toujours construit notre action sur des repères juridiques clairs et une structure collégiale. A l'USFP, même le Premier Secrétaire n'a jamais été le seul maître du jeu.

JH: Aujourd'hui, on constate que tous les postulants (Radi, oualalou, El Malki) font partie de la vieille garde, alors que depuis le départ d'El Yazghi, les militants et les sympathisants de l'USFP commençaient à espérer un changement...
DL: vous avez raison de vous étonner. Mais il y a plus.
Ceux qui ont passé plus de 20 ans dans les structures dirigeantes sont ceux qui parlent de rajeunissement. Si on fait partie des fondateurs du Parti, si on est membre du Bureau Politique depuis plus de 20 ans, et si avec ça on appelle au changement, il serait logique qu'on cède sa place.
Il y a des mots qu'on entend partout: rajeunissement, rupture, changement. Ces mots ont parfois perdu tout intérêt car ils émanent de personnalités dépourvues de crédibilité.

JH: Pourquoi?
DL:Ils émanent des personnes qui dirigent le Parti depuis sa création. Résultat: ces mots deviennent des instruments utilisés à des fins politiciennes et contre-productives. La Direction actuelle du Parti nous traitent comme des "jeunes" n'ayant pas la maturité suffisante.

JH:Lorsque vous apprenez que Mohammed El Yazghi a conseillé à M.Radi de se retirer pour céder la place aux jeunes, vous le comprenez?
DL:Je n'ai pas à comprendre ou à ne pas comprendre le point de vue exprimé par M.El Yazghi. Je veux comprendre la "réalité" et essayer de l'améliorer. Le Maroc traverse une situation difficile, et le Partic une situation encore plus difficile.
A ce propos, il est curieux de constater que d'un côté, tout le monde parle de la nécessité de changer, de tout remettre en cause, de bouleverser, de rompre, etc du fait que l'historique des acquis de notre de l'USFP est dépassé. Et de l'autre côté personne n'aborde la persistance de la Makhzanisation de l'Etat, et la nécessité de la réforme constitutionnelle et politique.

JH:La question du retrait de l'USFP du gouvernement sera-t- elle discutée lors du prochain congrès?
DL: Dernièrement, j'ai évoqué cette question en disant que le retrait du gouvernement peut être discuté lors du prochain congrès. J'ai été surpris par certaines réactions.
En effet, l'ancien Premier Secrétaire, le militant El Yazghi, a vivement réagi par presse interposée, en prétendant que le retrait du gouvernement ne sera pas évoqué au prochain congrès car "dans les documents de la commission préparatoire, cette question n'est pas posée". Le congrès, pour tous les militants, est un grand moment de démocratie partisanne, et chaque congressiste a la possibilité de soulever et de discuter toutes les questions qui lui semble déterminantes pour son Parti.
En plus du militant El Yazghi, mes amis du Bureau Politique ont prétendu, de leur côté, que la question du retrait du gouvernement relèverait du Conseil National et non du Congrès...
Permettez d'expliquer les choses clairement: le prochain Congrès sera celui de la reconstruction du Parti. Pour cela il faut se tourner vers la société pour voir ce qu'elle exige de nous en tant que Parti historique dans les circonstances politiques actuelles du Maroc. Nous n'allons pas nous faire dicter notre conduite par un quelconque nouveau venu, et nous n'allons pas abandonner notre rôle dans la société à un quelconque nouveau mouvement.

JH:Certains pensent que le retrait du gouvernement n'est pas dans l'intérêt de l'Etat.
DL: Croyez-moi, le renforcement de l'Etat et compatible avec le renforcement de l'USFP.
Malheureusement, actuellement l'Etat n'a pas encore pris conscience que les nouveaux venus ne pourront pas mener le projet progressiste de notre pays, car ce qu'ils veulent c'est un projet conservateur. L'USFP est le seul Parti porteur d'un projet progressiste pour le Maroc.
La problématique du développement de notre pays ne se résoudra pas avec la nomination de telle ou telle personne à tel ou tel poste. Les méthodes sont rétrogrades et ne correspondent en rien à un projet progressiste pour le Maroc.
Par ailleurs, pour revenir à l'USFP, nous sommes constamment la cible de complots qui visent à nous affaiblir. Et ces complots sont malheureusement, tant d'ordre externe qu'interne.

JH: Que voulez-vous dire par "Complots externes"?
DL: Je ne fais pas uniquement allusion au Nouveau Venu conservateur, mais aussi à une partie de l'extrême gauche qui avait critiqué dans les années 1970 notre choix de s'engager dans une lutte démocratique, nous traitant de petits bourgeois.
Aujourd'hui cette extrême gauche "repentie" veut éteindre la dernière bougie de l'espoir de démocratie. Elle change radicalement de vision en contrepartie de coopérations, achat de consciences, approvisionnements, nomination dans des structures consultatives.
Cette ambiance nauséabonde participe à l'affaiblissement de la gauche et de l'USFP.

JH: Pouvez-vous donner des noms?
DL:Ce n'est pas une question de noms, sinon ça serait  plus simple. Le problème est celui de ce complot qui vise à affaiblir l'USFP par tous les moyens.

JH:Mais vous faites allusion aux personnes qui ont suivi Fouad Aali El Hima dans son Mouvement de tous les démocrates?
DL:Avant El Hima, il y avait déjà cette multiplication des Conseils et autres Organes Consultatifs, avec à leur tête des "Repentis".
Prenez le cas de l'IER: le contenue du rapport est la synthèse des sacrifices des militants de l'USFP depuis sa création. Cet héritage a été perverti par des structures financières, des technocrates, et des restes de gauche apprivoisée.

JH:Certains pensent que Mohamed Benyahya et Hassan Tariq, en défendant le vote par les listes lors du congrès, cherchent à vous affaiblir...
DL:Très franchement, et les camarades de Sefrou vous le confirmeront, les camarades de la Jeunesses Socialiste aussi, depuis que j'ai fait la connaissance de Hassan Tariq, je n'ai jamais cessé de vouloir le renforcer. Car j'ai la conviction qu'il fait partie des jeunes dont le Parti a besoin. C'est pour cela que je refuse de croire qu'il cherche à m'affaiblir.
Maintenant je sais que je suis quelqu'un qui peut déranger au sein du Parti: je ne suis pas discipliné...

JH: Concernant le phénomène El Hima, vous aviez déclaré qu'il constitue une menace pour la démocratie. L e pensez-vous toujours?
DL: Qu'il constitue un parti, une association ou autre, c'est son droit.
Mais en politique, les Marocains sont censés être des citoyens égaux en droits et en obligations. J'ai été député de la Capitale de 1993 à2007, et je peux vous assurer que je n'ai jamais eu l'honeur de saluer sa majesté lors de ses visites dans la Capitale. Pourtant j'ai même été Président de mon groupe parlementaire et porte-parole de la majorité.
Alors le fait qu'un député de la région de Rhamna puisse préparer lui-même la visite, présenter les projets de développement... me laisse perplexe. Est ce que tout cela se déroule dans le respect de nos institutions? J'en doute, mais si c'est le cas, j'applaudis cette capacité surnaturelle et souhaite que cette pratique soit généralisée à toutes les circonscriptions du Maroc, car il me semble que c'est le moyen de sauver le Maroc.
En revanche, si cette pratique ne respecte ni les institutions, ni les lois de notre pays, et est basée sur des méthodes clientélistes, il faudra la stopper sans délai, car elle mène le Maroc vers la régression et non vers le développement.

JH:Lors du dernier meeting du Mouvement de tous les démocrates à Rabat, à Alarjat (région de Rabat), El Gahs était présent. Il a même pris la parole pour déclarer que le Mouvement pour déclarer que le Mouvement d'El Hima représente une bonne initiative. Qu'est ce que cela vous inspire?
DL:vous connaissez la position de l'USFP vis-à-vis de ce Mouvement, elle est inscrite dans le communiqué du 21 octobre 2007.
Par conséquent c'est à ceux qui prennent des positions en contradiction avec celles du Parti de s'expliquer.
Seul un opportuniste peut prétendre faire partie d'un Parti et aller faire l'éloge de points de vue en totale contradiction avec les principes de ce Parti.
Mais la mémoire des Ittihadis est solide et ils vont évaluer ces comportements avant et après le congrès.

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Published by Driss LACHGAR - dans Archives
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